Les activités matérielles dans le but de satisfaire les sens et dans le but de satisfaire le Seigneur Suprême.

En règle générale, une personne faisant partie d’une famille s’attache de manière excessive aux activités qui portent des fruits. En d’autres termes, elle cherche à profiter des résultats de ses actions. Cependant, un dévot sait que Krishna est le jouisseur suprême et le propriétaire absolu (bhoktaram yajna-tapasam sarva-loka-mahesvaram). Ainsi, le dévot ne se considère pas comme le propriétaire de ses occupations. Il pense toujours à la Personnalité Suprême de la Divinité comme étant le véritable propriétaire ; c’est pourquoi il offre les résultats de ses activités au Seigneur Suprême. Celui qui vit de cette manière dans le monde matériel, entouré de sa famille et de ses enfants, n’est jamais touché par les contaminations de ce même monde matériel. Cela est confirmé par la Bhagavad-gita (3.9) :
yajnarthat karmano ‘nyatra loko ‘yam karma-bandhanah
tad-artham karma kaunteya mukta-sangah samacara
Celui qui cherche à jouir des résultats de ses actions devient lié à ceux-ci. En revanche, celui qui offre ses résultats ou bénéfices à la Personnalité Suprême de la Divinité ne s’y laisse pas enfermer. Tel est le secret de la réussite. En général, les gens choisissent le sannyasa pour échapper aux réactions des activités fruitives. Celui qui ne s’approprie pas les résultats de ses actions, mais les offre à la Personnalité Suprême de la Divinité, demeure assurément dans un état de libération. Sri Rupa Gosvami le confirme dans le Bhakti-rasamrta-sindhu :
iha yasya harer dasye karmana manasa gira
nikhilasv apy avasthasujivan-muktah sa ucyate

Si une personne s’engage dans le service du Seigneur par sa vie, sa richesse, ses paroles, son intelligence et tout ce qu’elle possède, elle sera toujours libérée, quelles que soient ses circonstances. Une telle personne est désignée jivanmukta, c’est-à-dire quelqu’un qui est libéré durant cette existence. Ceux qui, dépourvus de conscience de Krishna, se livrent à des activités matérielles ne font que s’enliser davantage dans l’esclavage matériel. Ils doivent souffrir et tirer profit des actions et des conséquences de toutes leurs activités. Le mouvement de la conscience de Krishna représente donc la plus grande bénédiction pour l’humanité, car il permet de demeurer en permanence au service de Krishna. Les dévots pensent à Krishna, agissent pour Krishna, se nourrissent de Krishna, dorment pour Krishna et travaillent pour Krishna. Ainsi, tout est dédié au service de Krishna. Une vie entièrement consacrée à la conscience de Krishna nous protège de la contamination matérielle. Comme l’a affirmé Bhaktisiddhanta Sarasvati Gosvami Maharaja :
Krishna-bhajane yaha haya anukula visaya baliya tyage taha haya bhula
Si quelqu’un est suffisamment habile pour tout engager ou tout combiner dans le service du Seigneur, il serait erroné d’abandonner le monde matériel. Il faut apprendre à tout mettre au service du Seigneur, car tout est lié à Krishna. C’est là le véritable objectif de la vie et le secret du succès. Comme cela est souligné dans le troisième verset de la Bhagavad-gita (3.19) :

tasmad asaktah satatam karyam karma samacara
asakto hy acaran karma param apnoti purusah

« C’est pourquoi, sans se préoccuper des résultats de ses actions, il est essentiel d’agir par devoir, car c’est en œuvrant sans attachement que l’on peut atteindre le Suprême. »
Le troisième verset de la Bhagavad-gita aborde spécifiquement les activités matérielles visant à satisfaire les sens par rapport à celles qui cherchent à plaire au Seigneur Suprême. La conclusion est claire : ces deux types d’activités ne sont pas équivalentes. Les actions visant uniquement la satisfaction des sens entraînent une servitude matérielle, tandis que celles orientées vers la satisfaction de Krishna conduisent à la libération. Comment une même action peut-elle être à la fois cause de servitude et de liberté ? Par exemple, une indigestion peut résulter d’une consommation excessive de produits laitiers comme le lait concentré ou le riz sucré. Cependant, en cas d’indigestion ou de diarrhée, une préparation comme le yaourt mélangé avec du poivre noir et du sel peut soulager immédiatement ces maux. En d’autres termes, un produit laitier peut causer des troubles digestifs, alors qu’un autre peut les guérir.
Si quelqu’un se trouve dans l’opulence matérielle grâce à la grâce particulière de la Personnalité Suprême, il ne doit pas voir cela comme une forme de servitude. Quand un dévot mûr reçoit des bienfaits matériels, il ne s’en laisse pas influencer, car il sait utiliser cette opulence au service du Seigneur. De nombreux exemples historiques illustrent ce point : des rois comme Prthu Maharaja, Prahlada Maharaja, Janaka, Dhruva, Vaivasvata Manu et Maharaja Iksvaku, tous grands souverains, ont été particulièrement favorisés par la Personnalité Suprême. En revanche, si un dévot n’est pas mûr, le Seigneur Suprême peut lui retirer toutes ses richesses. Ce principe est énoncé par la Personnalité Suprême – yasyaham anugrhnami harisye tad-dhanam sanaih : « Ma première miséricorde envers Mon dévot est de lui retirer toute sa fortune matérielle. » Le Seigneur Suprême enlève les richesses nuisibles au service de dévotion, tandis qu’un dévot mature reçoit toutes les facilités matérielles. »

Source : A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada (édition 2014), « Srimad Bhagavatam », Quatrième Cantique, Verset 30 – Texte 19

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